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Déclaration de l’AMECE sur l’eau

 

DECLARATION FINALE DE L’ASSEMBLEE MONDIALE DES ELUS ET CITOYENS POUR L’EAU AMECE

LETTRE SUR L’EAU

Nous, parlementaires, maires, administrateurs locaux, représentants des entreprises publiques de l’eau, responsables des syndicats de la fonction publique et citoyens engagés dans les mouvements de défense de l’eau, provenant d’Afrique, d’Amérique latine, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Europe, nous sommes réunis en assemblée - 538 personnes - à Bruxelles, du 18 au 20 mars 2007, au siège du Parlement européen.

Nous avons décidé d’informer par cette lettre tous les chefs d’Etat et de gouvernement du monde, tous les présidents des parlements nationaux, du Parlement européen, du Parlement panafricain, du Parlatino (Amérique latine) et les membres du Conseil de sécurité des Nations unies des engagements que nous avons pris.

L’objectif de notre assemblée était de prendre ensemble des engagements précis visant à concrétiser le droit à l’eau, y compris aux services sanitaires, pour tous les habitants de la planète et à défendre les ressources hydriques du monde des déprédation et dévastation actuelles, l’eau étant un bien commun, un patrimoine inaliénable de l’humanité et une source essentielle de vie pour toutes les espèces vivantes.

Nous sommes persuadés qu’il n’y a aucune fatalité dans la situation actuelle de l’eau dans le monde et dans le fait que 1,5 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 2,6 milliards ne bénéficient d’aucun service sanitaire. Il n’y a aucune fatalité en ce qui concerne la quantité d’eau disponible et sa qualité. Si l’eau devient toujours plus rare et donc plus chère c’est surtout en raison de nos choix en matière d’utilisation et de consommation. De plus, si en devenant rare elle est la cause de conflits et de guerres dans les décennies à venir, nous en serons directement responsables, particulièrement en tant que dirigeants et citoyens des pays du nord de la planète. La crise actuelle de l’eau est le résultat de nos choix économiques, technologiques et de production. En effet, il est scandaleux que l’économie mondiale ne soit pas capable d’utiliser une partie de la richesse disponible pour financer l’accès à l’eau potable et la construction de sanitaires dont dépendent la santé et l’espérance de vie de 2,6 milliards de personnes.

Face à cette situation et à ces perspectives nous avons établi les engagements prioritaires suivants :

Faire reconnaître l’accès à l’eau comme droit humain (universel, indivisible et imprescriptible) à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (le 10 décembre 2008) par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Cet engagement a été pris par les ministres présents à l’assemblée, représentant les gouvernements italien et bolivien ;

S’opposer aux décisions des gouvernements qui cherchent à inclure les services de l’eau dans les négociations pour la libéralisation au sein de l’Organisation mondiale du commerce. L’eau et les services de l’eau ne sont pas des marchandises ;

Renforcer le rôle des entreprises publiques de l’eau en stimulant - à travers des mesures financières et des allègements fiscaux - la capacité de production, l’efficacité et la qualité des services, en favorisant la création de consortiums et leur coopération au niveau des bassins naturels ;

Réaliser une grande mobilisation en faveur des programmes de partenariat public-public entre les collectivités locales Nord/Sud, Sud/Sud et Nord/Nord. De cette façon on évitera que la coopération solidaire basée sur l’allocation d’un centime ’euro par mètre cube reste une forme d’aide caritative, et elle deviendra une forme de participation solidaire entre citoyens ;

Combattre l’action des pouvoirs publics qui ont tendance à favoriser le financement des investissements pour les infrastructures et les services publics par des capitaux privés dans une logique strictement financière et spéculative. C’est pourquoi nous nous sommes engagés à solliciter la création d’une Commission d’enquête sur les Fonds d’investissement internationaux spécialisés dans l’eau, dont les résultats nous permettront d’identifier les solutions alternatives à adopter pour assurer de façon cohérente et systématique le financement public des investissements publics dans le secteur de l’eau. A cet égard, il n’est pas vraiment nécessaire de disposer d’un volume d’investissements aussi élevé que le prétendent la Banque mondiale et les entreprises privées des marchés financiers ;

Renforcer tous les engagements des « porteurs d’eau » au niveau des écoles, des communautés locales, des simples citoyens.

Conformément à ces engagements nous demandons aux destinataires de cette lettre d’adhérer aux principes susmentionnés et d’adopter toutes les mesures nécessaires à la réalisation des engagements que nous avons pris.

En particulier, nous leur demandons :

D’adhérer à l’initiative de la reconnaissance de l’eau comme droit humain avant le 10 décembre 2008, en introduisant ce principe dans les textes constitutionnels de chaque pays à différents niveaux du territoire, et en parallèle de formaliser le Statut de l’eau comme bien commun public ; De prendre les dispositions nécessaires pour que les institutions publiques ne doivent plus recourir aux capitaux privés pour le financement des investissements publics ;

D’instituer à l’instar des Nations Unies une Agence mondiale de l’eau - avec des pouvoirs d’orientation et de contrôle - afin de protéger la capacité autonome des communautés locales de gérer les ressources hydriques dans l’intérêt des populations, des générations futures et des écosystèmes naturels ;

D’assumer, en conséquence, la responsabilité directe des Forums mondiaux de l’eau qui est aujourd’hui exercée de façon illégitime et injustifiée par une organisation privée sous le contrôle et l’influence des compagnies multinationales de l’eau, qui est le Conseil mondial de l’eau.

Nous n’avons pas le droit d’empêcher plus de deux milliards de personnes, en majorité des femmes et des enfants, d’avoir une vie humaine et digne, ni d’alimenter - avec le seul but de perpétuer notre pouvoir en termes de richesse et de consommation - les guerres de l’eau. Nous avons, au contraire, le devoir de promouvoir la participation responsable et aussi large que possible de chaque citoyen à la gestion de l’eau et à son utilisation raisonnable et durable. Notre planète n’est pas un objet de consommation prédatrice, une marchandise à exploiter, mais un lieu de vie pour tous ses habitants, un lieu de cohabitation pacifique. L’eau est la paix, elle doit être la source d’un avenir partagé et participatif.

Bruxelles, le 20 mars 2007

Les 538 parlementaires, maires, administrateurs locaux, représentants d’entreprises publiques de l’eau, des syndicats de la fonction publique et des mouvements de la société civile qui ont participé à l’Assemblée mondiale des élus et des citoyens pour l’eau (AMECE).

www.amece.net - www.contrattoacqua.it presse@amece.net : 0032.487.59.12.02

 
 
Publié le samedi 12 janvier 2008
Mis à jour le lundi 18 février 2008

 
 
 
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