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Pourquoi cette liste

 
Il est dans l’air du temps d’entendre dire que les valeurs de la Gauche ne font pas recette et l’on ne peut que constater que le parti qui se dit le plus représentatif de ce courant de pensée, ne fait pas grand chose pour les promouvoir. Certains (le Centre), ont trouvé plus pratique d’affirmer que la séparation gauche-droite n’a pas lieu d’être. D’autres (la Droite) la qualifient carrément de ringarde

Un (bref) état des lieux politique et social.

Nous pensons que la société s’est développée en France depuis 130 ans pour aller vers plus d’humanité, apportée par les lois protégeant les plus faibles et organisant plus de justice. Et nous pensons qu’une société s’améliore lorsque sa cohésion croît, lorsque son fonctionnement va vers plus d’harmonie, vers plus de solidarité. En bref, la société dont la droite de Messieurs Raffarin et Sarkozy nous rebat les oreilles depuis quelques années ne progresse pas : elle régresse. Elle régresse car elle s’oriente vers plus d’individualisme, vers le chacun pour soi. Elle s’oriente vers le détricotage systématique des lois qui ont construit sa cohésion et au total, son progrès. Jusqu’au code du travail qui s’est construit en 130 ans dans le sang et la sueur, et qui est démoli en catimini, sans réaction depuis des années de la soi-disant "gauche" -le PS, qui ne s’est ressaisi qu’au dernier moment (voir interview-video de Gérard Filoche). Ce parti (voir interview-vidéo de Danielle Mitterand) qui se permet de trahir (une fois de plus) ses électeurs lorsqu’il leur promet durant les présidentielles un référendum sur le nouveau traité européen prétendu simplifié, puis revient sur ce choix six mois plus tard.

Cette « politique de civilisation » qu’on nous présente comme la "modernité" n’est en fait qu’un retour en arrière de plus de cent ans, organisé par la droite revancharde, le Medef et l’UIMM [1] avec ses "caisses noires".

Mais présenter cette régression comme « une nouvelle Renaissance » il faut être fort pour y arriver : M. Sarkozy s’y essaie, avec l’appui inconditionnel d’une presse détenue par ses amis du Medef (Lagardère, Dassault, Bolloré et Rotschild).

Comme il a réussi à intégrer dans ses actes le programme de M. Le Pen, sans provoquer le "sursaut républicain" dont avait bénéficié Jacques Chirac en 2002 : en bref, on fabrique une société qui va fonctionner avec les injustices d’il y a plus d’un siècle.

Décidément, qui garde encore en mémoire et tire les enseignements de l’Histoire ? Cette mémoire sans laquelle l’Histoire bégaye, et le pire se reproduit sans cesse, depuis des siècles.

Ce serait en effet plus commode si l’on pouvait être débarrassé de cette Gauche bien encombrante. Pensez-vous ! Elle remet en question le sacro-saint principe défendu par toutes les droites du monde, qui osent avec culot se qualifier de "modernes", alors qu’elles défendent toujours les mêmes principes depuis des décennies : le profit maximum pour une minorité et la loi du plus fort comme valeur fondatrice et essentielle de la société.

Pourquoi souhaitons-nous ce débat ?

Parce que nous pensons que le lien social commence à se construire au niveau de la commune.

Pour situer les termes de ce débat, commençons par une mise en perspective historique. Nous ne remonterons pas aux grands philosophes du 18ème siècle, mais juste au siècle dernier durant lequel beaucoup d’entre nous ou nos parents, ont grandi. Ce siècle qui a vu défiler des guerres durant lesquelles le pire de l’humanité s’est produit, et dont nous sommes issus.

La dernière de ces guerres (1939-1945) qu’on a dites "mondiales" est sans doute la plus abominable avec la Shoah, l’arrivée de l’atome, etc. Et pourtant, dans cette horreur que les jeunes générations ont du mal à imaginer, il s’est trouvé des personnes pour résister. Nous évoquerons surtout ce qui s’est passé dans notre pays, vers la fin de la guerre.

Un peu d’histoire : d’où venons-nous ?

Après plus de quatre ans de guerre, un groupe d’hommes parmi lesquels Charles de Gaulle et Jean Moulin, s’est engagé à construire une société plus juste et plus humaine que celles qui ont précédé la guerre. Une société qui allait conduire à l’établissement d’une sécurité sociale, à faire contrôler par le peuple un certain nombre de services clés comme celui des transports, de l’énergie, de l’éducation, de la santé ; à développer un système de retraite par répartition qui permettrait même aux plus humbles de finir dignement leur vie, après l’avoir consacrée au travail. Ces décisions, qui allaient à l’encontre des intérêts financiers d’une bonne partie du grand patronat français qui s’enrichissait et collaborait avec l’occupant, ont été prises dès le mois de mars 1944, dans le cadre de ce qu’ils ont eux-mêmes nommé le CNR -Conseil National de la Résistance.

A la fin de la guerre, ces décisions, avec leur haute idée de l’humanité, furent appliquées. Ce sont ce que l’on a appelé les "services publics" à la Française.

On imagine le dépit du grand patronat, et de ses soutiens situés surtout à droite. Jusque dans les années 80, la droite et plus particulièrement la plus fortunée, avec une mémoire encore fraîche de ses collaborations, s’est faite assez discrète sur une revanche essentielle : reprendre ce que l’État avait nationalisé. Ainsi aujourd’hui, notre droite "décomplexée" veut rapidement "Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance" (lire l’éditorial de l’idéologue en chef du MEDEF, Denis Kessler dans "Challenges" du 4 octobre 2007) et détruire les acquis sociaux et salariaux de mai 68 .

Cette revanche leur a été offerte depuis les années 80. D’abord par la collaboration d’une partie de ce que l’on croyait encore être la gauche et qui progressivement, presque en douce, a trahi les plus humbles des siens et ses valeurs fondatrices. Ensuite par un dévoiement des institutions qui peu à peu ont transformé notre pays en caricature de démocratie. Enfin par la prise de contrôle progressive par le grand patronat, de la majeure partie des médias. Les concentrations dans la presse ont permis aux grands patrons et à la grande finance de s’emparer de tout l’appareil d’information et d’y faire passer les messages qui les servent. Le discours consumériste est devenu la règle. Il n’y a plus de citoyens mais des consommateurs.

Notre position

Dans ce contexte, nous pensons qu’il est urgent de préserver les valeurs d’humanité que les majorités au pouvoir sacrifient de plus en plus systématiquement au(x) pouvoir(s) de l’argent, contre l’intérêt général.

Nous pensons que la démocratie en est une et qu’elle doit d’abord s’exercer à l’échelon local. C’est pourquoi nous entendons la développer dans notre village. Sans oublier les solidarités, l’écologie (voir notre programme).

Pourquoi nos valeurs nous amènent-elles à présenter une liste ?

Concernant la majorité sortante

Elle se réclame du Parti Socialiste, quand ça l’arrange. C’est stupéfiant, mais on peut entendre par exemple (dernière farce médiatique) ses représentants oser parler de démocratie "participative", alors qu’ils soutiennent activement le viol de la démocratie (voir interview-vidéo de Monsieur Melanchon ) mis en place par la droite au pouvoir sur le "mini" traité européen ! Nous nous trouvons devant une majorité sortante qui gouverne sans partage telle une aristocratie, proposant un simulacre de démocratie.

Les points qui nous semblent rendre la coopération difficile :

- Manque de concertation : par exemple, il a fallu qu’une association (groupe ATTAC) provoque des débats sur l’eau pour que cette équipe consente à discuter de ses choix unilatéraux et à organiser une présentation de l’audit sur la gestion de l’eau, signalée deux jours avant par une information minimaliste passée quasiment inaperçue de la population simianaise. Le moins que l’on puisse dire est que l’accès à ces documents ne nous a pas été facilité : nous n’avons pu les avoir directement.

D’autres exemples montrent que cette majorité n’entend pas associer la population au processus de décision : pas de saisine des commissions municipales avant les conseils, aucune concertation sur les projets, sur le plan de circulation, pas de débat lors de la fermeture de la mine concernant le devenir des galeries… Un exemple de déclaration parmi d’autres révèle comment certains élus conçoivent la concertation : "Les Simianais nous ont donné la Mairie. C’est à nous de décider" (Conseil municipal du 9/7/2002).

- Incohérence politique : Alors que la commune s’est symboliquement placée "ville hors AGCS" [2], la gestion de l’eau de la commune a été confiée à une grande société trans-nationale au lieu d’encourager le service public local.

Depuis 1992, premier scrutin municipal par liste bloquée, les socialistes locaux ont toujours refusé d’intégrer à leurs listes des gens porteurs de véritables valeurs de gauche.

- Clientélisme, copinage ou laxisme ? : Comment justifier les changements curieux de parties du POS déclassés pour Natura2000, la transformation d’espaces publics (rues, chemins, …) en espaces privés, l’attributions de logement sociaux selon des critères obscurs,… ? Ce ne sont malheureusement que des exemples qui témoignent d’un fonctionnement assez éloigné de la transparence et de la justice.

Si les décisions étaient discutées et prises dans une commission plus diversifiée, il y aurait moins de suspicion que ce soit de petits arrangements entre amis !

- Déni de démocratie : les conseillers municipaux d’opposition sont avertis cinq jours (minimum légal) avant la tenue du conseil municipal pour examiner des dossiers qui comptent parfois des dizaines de pages.

On peut continuer ainsi sur bien d’autres aspects, y compris sur la gestion (opération "cours des héros", contournement du village par les voitures extérieures, etc).

- Opportunisme : Cette majorité a toujours fait preuve de frilosité face à l’obligation de construire des logements sociaux, jusqu’à être amenée tout comme Neuilly, à payer des amendes pour non respect de la loi SRU [3] ("Il vaut mieux payer des pénalités", Conseil Municipal du 27/2/2002)… Et tout à coup, à trois mois de l’élection, on voit apparaître à l’ordre du jour du conseil municipal du 13 décembre 2007, une proposition de la majorité sortante pour la construction de 40 logements !

On peut réfléchir aussi à l’apparition soudaine au même moment d’un affichage municipal inexistant depuis … toujours.

Si ce n’est pas prendre les habitants de Simiane pour des benêts, c’est que le bon sens et le sens critique ont vraiment beaucoup évolué ces derniers temps !

Concernant la droite

Nous avons en face une droite opportuniste qui n’a d’autre projet pour le village que de devenir "Calife à la place du Calife". Certes les mots à la mode vont figurer dans son programme :

- Écologie : ayant comme principal credo un profit maximum et incontrôlé, les fondements même de leurs choix sociaux et économiques, axés sur une croissance irréaliste ne peuvent amener qu’à la destruction de la planète : quand a-t-on vu l’intérêt financier se préoccuper d’autre chose que d’argent ?

- Démocratie : la société en cours de refondation par ses soutiens (Messieurs Sarkozy et Maillé) est une entreprise de destruction massive de tous les outils démocratiques et la mise en place privilégiée de méthodes autoritaires. Et ils voudraient nous faire croire que dans le village ils vont faire vivre la démocratie ?

- Justice : c’est la destruction des droits sociaux acquis au prix de sang et de sueur depuis 130 ans ; donner aux plus riches, accroître les inégalités …

- Solidarité : là où le programme national de leur représentant et caution vise avant tout à privilégier les plus riches au détriment des plus pauvres, à accroitre les inégalités en diminuant les protections sociales, ils voudraient nous faire croire que dans le village, ils vont suivre une politique inverse, humaniste et solidaire ?

Les grandes lignes de notre projet

Notre candidature est celle de citoyens libres regroupés en collectif, ne défendant l’intérêt d’aucun parti, ni d’un clan simianais plutôt qu’un autre, mais ayant clairement des valeurs de gauche et comme motivation majeure l’INTÉRÊT COLLECTIF. Ce mandat que nous sollicitons, tout le groupe a la ferme intention de l’assumer ENSEMBLE (voir le document "Qui sommes-nous").

Notre premier objectif est la restauration d’une démocratie AUTHENTIQUE aussi étendue que possible à tous les niveaux de la vie communale.

Nous entendons ainsi :

Démocratiser les institutions communales et redonner le goût de l’intérêt communal aux citoyens, en leur permettant de pouvoir véritablement participer (conseil municipal, dialogue avec l’opposition, commissions extra municipales, …).

Donner vie au village en organisant son contournement, afin de libérer le centre et ainsi pouvoir enfin "respirer" avec des projets à soumettre à la population (zone piétonne, cyclables, redynamisation de l’activité locale, etc).

Mettre la jeunesse et la vie associative culturelle et sportive au coeur de nos préoccupations.

Favoriser la proximité, le dialogue et l’écoute.

Gérer le village et sa vie sans oublier nos valeurs essentielles : concertation, véritable transparence, humanité, solidarités, services publics, proximité avec les habitants, écologie, …(voir notre "programme").

Nous nous engageons à respecter ces lignes directrices.




[1] Union des Industries et Métiers de la Métallurgie

[2] Accord Général sur le Commerce des Services. C’est un traité de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), définissant les modalités de commercialisation des services publics, dont l’eau, l’éducation, la santé, etc.

[3] loi du 13 décembre 2000, relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains

 
 
Publié le jeudi 27 décembre 2007
Mis à jour le jeudi 31 janvier 2008